Grand Singe
J’irai dessiner des fleurs jaunes et rouges
Au coin des bancs où éclosent les Amours de juillet
Et des bouquets magentas verts et noirs
Recouvriront la haine des broutilles vaines
Des divisions sous-humaines ;
J’embrasserai les contours de la Lune
Par les nuits étoilées d’août,
Et dans le ciel myrtille-mûre
Scintillera un renard argenté
Et si avant la mi septembre
Tout était renversé
Que dans un possible été indien
Les Utopies rêvées
Se levaient main dans la main
S’unissaient en une chaîne
Brisant toutes celles de l’asservissement capitaliste
Pour une Terre Libertaire
Une planète renaissante
Certes les joyaux, les trésors, les bonheurs,
Demain auront un autre goût
Celui de la simplicité, des liens,
Et les clefs des portes
Décadenasseront l’Entr’aide
Autrefois j’ai cru
Notre globe terrestre fini
Mais je pense maintenant que là où est la Vie
L’espoir est sans limites
Les guerres au profit des riches financiers
Au-dessus des lois
Nous appellent à la mutinerie !
En nuée de colibris
Nous éteindront l’incendie,
Non sans avoir laissé éclater
Les tours de verre
où seront à jamais ensevelis
Les tyrans de ce système
Avec le temps, ces gravats redeviendront sable,
Plages, oasis, forêts, humus,
Graines fécondes
Et l’Univers enfouira
Dans le néant
Leur commerce primitif :
Le Pouvoir ne vaut rien
A côté de l’Harmonie, de l’Osmose !
Le monde est fini
S’il est Economie ;
Le monde est éternel
Si le Vivant perdure et se transmet,
En un cycle d’une minérale essence
Où tout aura un sens
Comme un toboggan glisse et descend
Comme une montgolfière monte et s’élève
Nous trouverons tout dans la Nature,
Car elle est ainsi faite,
Que tout y est :
Nourriture, remède ;
La science, nous l’avons en nous,
Connectés que nous sommes
A notre mammifère ancestral :
Un Grand Singe sourit.
F.L été 2025
je voudrais avoir les yeux de quelqu'un d'autre
je voudrais avoir les yeux de quelqu'un d'autre
je voudrais avoir les yeux de quelqu'un d'autre.
je voudrais avoir les yeux de quelqu'un d'autre, et puis, pas de cerveau du tout ni de cervelle d'agneau ni d'agnelle,
pas de machin-chose
là derrière les yeux,
je voudrais ne pas comprendre,
je voudrais ne pas croire, ne pas croire que je ne crois en rien, ne pas croire que je ne crois en rien alors
que je crois comprendre,
et, de surcroît,
aussi, en outre,
encore en plus,
que je crois à quelque-chose,
au calice de la rose
et ses pétales en spirale
et au noir secret de la perle,
je crois à...
en cœur en moins
?
je crois que je voudrais avoir un cœur
encore plus désordonné, et surtout plus petit qu'un petit pois pas cassé, ou plutôt
comme un petit pois aussi petit qu'un petit pois
mais pas cassé,
ou pas du tout comme un petit pois, comme un truc-qui-ressemble-à-rien,
enfin non, c'est peut-être déjà un truc-qui-ressemble-à-rien que j'ai là et qui bat, désordonné,
non, je voudrais, je crois que je voudrais,
avoir un coeur encore plus désordonné, et, et si minuscule,
je pourrais aisément diluer dans mes veines comme une bulle d'huile à froid,
et qu'il s'y paumerait
sans passer par l'estomac,
et qu'il oublierait que j'ai une tête, une tête avec des sentiments gros et visqueux et gluant
et qui seven(t-)à-rien oui
qui servàrien, non,
et d'ailleurs,
et d'ailleurs je ne suis pas sûr d'avoir encore une tête avec des sentiments gros et visqueux, et gluant, et qui serve-à-rien,
et qui croit vouloir qu'elle voudrait vouloir,
qui croit vouloir qu'elle voudrait
qui croit vouloir
qui croit
qui
je voudrais avoir le cœur de quelqu'un d'autre
et des yeux encore plus désordonnés,
comme des billes,
à rouler
sans cervelas qui serve-à-
--quelque-chose
.-
:-
;-)
françois lenoir - été 2011
Des Cimes
Chez moi : un cimetière d’objets et d’esprits…
Et, quand nous ne saurons plus ce qu’est un insecte ;
Quand les saisons ne seront plus que deux ;
Celle du feu, celle des larmes ;
Celle du jour, celle de la longue nuit ;
Les feux follets, enfin, s’y étoufferont à jamais ;
Et moi qui ne fut qu’un loup blanc célibataire,
je me souviendrai...
F.L 14/08/2024
Lexique de la drogue
Lexique de la drogue
en un stick universel
le sel le sucre sont bien loin,
la paillote, au toit déchiré,
la fumée des Dieux fait très bien ça ;
elle infuse le Tout dans le moment présent
Une ligne de moins
à tetris,
s’écroule, s’afaisse,
disparaît :
un niveau de passé !
Le concorde lui-même
n’existe plus.
Fumeur devant l’Eternel
Devant tous les autels
Miel fumé
Sorcier Chamane Messager
J’en ai besoin
parce que j’ai besoin d’ivresse
ça ne m’apporte rien
parce que je me fatigue de persévérer…
J’en ai besoin
parce que je ressens un manque d’Amour
ça ne m’apporte rien
que de jouer au yo-yo.
F.L
la poësie.....
La poésie ne paie pas beaucoup ;
Elle s’étale, funambule, au-dessus du vide,
Elle s’aligne entre les gouttes ;
Elle ne pèse pas lourd, la poésie ;
Parfois, même, quand elle ne fait qu’un gramme
Pfffiou, elle disparaît,
Pour, cristaline,
Réapparaître dans une sucrine…
Et s’en retourne à la mer… seule…
Toujours seule, la poésie…
En chienne…
Elle encaisse les coups
Elle enchaîne les chutes
Elle brûle au premier soleil
Et quand la sirène chante,
C’est celle de l’ambulance…
Alors elle trouve le sommeil,
Y ré-agence les souvenirs raté :
La poésie a cette magie-là,
De faire vivre ce qui n’a pas vécu !
Elle remplit le vide au-dessous d’elle,
Elle est la goutte qui sèche entre les gouttes,
Elle est l’enclume-plume,
Elle tamponne le ciel, d’étoiles,
Et le constelle de ses mots,
Jusqu’aux prochaines aurores
F.L mai 2024
photo : F.L avec Dessin de Damiens Bayard, chevalet de Sergent, photo dans la photo "Waiting for the Sun" de Amandine Maillard, punaises pour bureau...
NO FADE OUT
No fade out
1.- Croire au paradis, c’est comme
Croire encore au père noël
C’est un concept en cours
De construction
Laissons les riches faire leurs affaires
Et quand tout s’effondrera
Ils se barreront
De cela,
Sans leurs ombres, nous construirons
Ce qu’il y a d’ores et déjà
Dans nos têtes :
La paix Naturelle
Ce qu’ils croient être des artifices
Ne sont que nos moyens de tenir bon,
D’attendre d’atteindre leur fin
Ici-bas.
C’est eux qui monteront dans les étoiles et s’entretueront.
Nous autres, n’avons pas besoin de descendre plus bas
Que les cendres qu’ils laisseront.
Il y a des points et des majuscules qui accumulent les phrases,
Et encore minuscule,
Choisissons d’être majuscule.
2.- Je ne jèterai de pierre nulle part,
Si ce n’est au sol,
Là où elle sera.
Ils nous font croire un futur,
Nous savons en nos corps meurtris
Qu’ils n’en seront pas.
Car, dans le grand silence intersidéral,
Les anges n’existent pas,
Ni les âmes,
Les protons sont bien plus fin
Que ça ;
L’infiniment petit
N’explosera pas d’obésité.
Laissons aux religions ce qui leur appartient,
C’est leur propriété,
Et gardons le meilleur
Du monde,
Ce sera cela, le partage.
Pour l’instant nous sommes leurs monstres,
Leurs bêtes de somme, c’est selon,
Il n’en sera pas toujours ainsi.
Ils ont conçu des machines
Dont nous seuls savons les notices,
Elles sont gravées au fer chaud
En notre for intérieur,
Et nous pourrions tout démonter.
3.- Qu’ils profitent !
Qu’ils se gavent !
A en crever.
Depuis toujours nous ramassons les miettes,
Nous nous arrangerons avec les restes…
Ils sont très peu nombreux,
Si gros qu’ils s’écrasent,
Qu’ils se bouffent les uns les autres.
Pauvres, nous avons meilleur goût qu’eux,
Mais nous ne nous entremangerons pas ;
Et quand bien même nous ne sommes pas encore unis
Par les mêmes cris de liberté
Nous ne comptons plus nos milliards de têtes !
Nous replieront leurs cartes
Et pourrons les brûler
A l’entrée des grottes de l’Hiver.
F.L 08/12/2022
ANCIENT METAL
De la transparence des cerfs ailés Jusqu'à leurs yeux de Saturne,
L'asphalte bucolique, et ses nuances fluos de nuit,
Se déroulait, toujours plus rapide,
Vers la grand' ville.
Des panneaux quatre-vingt
Faisaient marrer le type au volant
La Lune pleine était quelque-
Part dans le ciel passé ;
La blanche chouette givrée
S'est saupoudrée en tracé
Signalétique ;
Un passé encore proche
A ouvert la chasse.
Je suis contre la chasse! Même des démons!
Il finiront par s'estomper, à l'Est!
Est-ce si loin, l'Everest ?
Transhumance décérébrée Jusqu'à l'exil transhumane vers Mars,
Le néant éthéré, et ses néons d'étoiles-fusées,
Défilait, toujours plus vide,
Et si éloigné de Vénus.
Mille débris nucléaires
Faisaient chialer le type aux manettes,
La Lune renversée,
Déjà de l'autre côté ;
Constellation dégelée,
Orion s'éparpillait en lacets
Dénoués de sens.
Un passé sous cloche
A rouvert la chasse!
Et pourtant...
La révolution, comme un métal ancien
Avec la naîssance du soleil Sur les flèches en ruine,
Avec le fantôme du palais
De justice en guenille
Flottant dans la brise matutinale
Comme un ancien métal
F.L fin février 2024
Pour un poème
Quelques vers sur le chemin,
De la Vie, qui n’en finit pas d’inventer,
Quelques vers oubliés,
Dans le désert, un parchemin.
Le soir se mire
Dans une raclette-pierre-de-rosette
Un chat dort
Sur le flanc d’une pyramide de fringues.
La Vie c’est dingue, c’est une tordue,
C’est rose, c’est bleu,
C’est rouge, c’est noir,
Et puis le soir, la nuit,
Ça continue
Ça joue la révolution !
La Vie trouvera toujours la faille
Où s’immiscer !
Quand la Mort l’arrête,
Elle recommence,
Les cinéastes l’ont bien compris !
C’est la Vie qui a nourri le pain
De son levain,
Et ça s’égrène, et ça fleurit !
La Vie n’a pas de fin ;
C’est l’eau, l’hydrogène et la neige
Réunis.
Ce qui ne vit pas vit,
Se polit, se patine, s’embellit ;
Elle est généreuse la Vie,
Elle a tout l’Amour du monde,
Elle a sacrifié un arbre,
Pour un poème !
F.L fin novembre 2023
ALL CAMERAS STOPPED
ALL CAMERAS STOPPED
Hier tôt matin
le soleil se mirait dans la Lune encore presque pleine
face à lui.
Une journée à planter des poiriers
pour finir en insomnie de caféier.
La ventouse-d'engrais-lombri-fumier retournée
Le siphon du canapé-latte-cassée
Le trampoling du lit feng shui
Le Nord-Ouest Ouessans-dessus-dessous-Nordique
Impacte ; Avec un C ou un K selon le choix
J'ai quasi-oublié que j'avais des volets ;
De toute façon la longue nuit
Les a déplacés.
Dinah marque les quart de minute
D'un miaulement court et rauque
Entrecoupé d'un doux ronronnement,
Tandis que Sweet Sue roupille à demi...
Se sont allumés en elles
Tous les félins imaginaires et félines rêvées
Qu'elles puissent se persuader d'être...
Tout comme dans la réalité quand tu regardes Jimi Hendrix jouer,
Tu crois qu'il triche, si tu n'es pas initié
A l'expérience du taping---picking-----étheré!
Aterré de faire ce constat,
Je ne le ferai pas à l'amiable,
L'électricité est une transformation,
Pas de la magie ;
Musicalement je pourrais l'expliquer,
Seulement musicalement...
Obtient-on un accord?
Obtient-on un revers?
Un savant mélange de sons,
Que des oiseaux farfelus
Ont perpétué à nos jours?
Justement, non.
Ces oiseaux sont en voie
D'extinction de voix.
Je le sais,
Mais ne saurais
Les reproduire.
C'est ça qu'est triste...
Pourtant les volutes enfermées
Ne montent pas au ciel
Mais vont au plafond s'écraser, s'étaler.
La communauté des cheveux longs
Avait enterré son sexe
Pour mieux l'user à jouir
Sans entrave aucune.
PLAY
F.L 11/11/2022
